Pour limiter le BURN OUT !!!

Le monde change et de très choses initiatives se développent. Comme dans cette école de commerce de Grenoble qui développe des cours sur l'essentiel ... la place de l'humain, de la relation, de la pleine conscience et bine sûr de réveler les étouts !!!!

Voici ce très bel article de  Adrien de Tricornot pour le monde.fr qui fera plaisir à mes très chers amis Grenoblois. 

En école de commerce, des cours de sagesse pour limiter le burn-out

600 étudiants de Grenoble Ecole de management suivent, en deuxième année, le cours Comportements au travail et risques psychosociaux. S’y ajoutent modules et ateliers, dont l’un est dédié à la ­« mindfulness » (« pleine conscience »).

Peut-on continuer à enseigner le management sans prêter attention à l’accélération violente des mutations économiques et au délitement du lien social ? « L’hyperperformance à court terme mène à la destruction des personnes. Les vagues de burn-out montrent que nous sommes à la fin d’un système : il faut repenser le monde du travail. Même s’il y aura toujours de la souffrance et du stress, il faut suivre un autre cap et c’est ce que nous proposons », affirme Dominique Steiler, enseignant-chercheur à Grenoble Ecole de management (GEM). Après une expérience de six ans dans l’aéronavale, où il s’était intéressé au stress des pilotes de chasse, il est entré en 1998 dans l’école de commerce, où il a développé ces enseignements.

Aujourd’hui, 600 étudiants suivent, en deuxième année, le cours de tronc commun Comportements au travail et risques psychosociaux. Et treize autres modules sont proposés dans le cadre des différents parcours. Parmi les ateliers ouverts à tous les étudiants figure aussi une initiation à la ­« mindfulness », une démarche que l’on pourrait traduire par « pleine conscience ». « La “mindfulness” est très prisée dans la Silicon Valley, mais je bondis devant l’effet de mode et l’usage qui peut en être fait : le but est de développer le bien-être au travail, pas d’augmenter la performance des salariés, même si on peut penser qu’il y a un lien », explique Dominique Steiler.

Prendre le temps de ressentir

Mélanie Foucher, élève en 1re année, a suivi cet atelier, dont la première séance était ouverte à tous les curieux. Elle a apprécié de savourer un petit carré de chocolat et dire ce qu’elle ressentait. De 25 à 30 élèves se sont laissés tenter par cette série de huit séances de deux heures, avec une formatrice. « Mais certains ont abandonné en cours de route, car il faut réaliser aussi des exercices au quotidien », explique Mélanie Foucher. Elle a choisi les solutions les moins chronophages, comme prendre le temps d’ouvrir ses volets le matin en faisant attention à toutes les sensations que cela procure : air, lumière, etc. « C’est devenu un automatisme », explique-t-elle. Mais elle est aussi passée par les exercices plus longs, comme « checker » son corps – en restant allongée, les yeux fermés, pendant quarante minutes, guidée par un enregistrement. Il existe aussi une version accélérée… L’idée est de se demander là où l’on a mal, là où c’est lourd, pour, éventuellement, consulter un médecin.

D’autres exercices, comme « marcher dans l’espace », invitent à se mouvoir quelques minutes avec des gestes lents. « Je pense que c’est positif ; cela permet de se recentrer et de prendre conscience de ce que l’on ressent. Cela met dans un état favorable pour aborder certaines situations. Cependant, je n’ai fait que la moitié du chemin. Je n’arrive pas encore à m’en servir dans les moments les plus stressants comme les examens », explique l’étudiante, qui assimile la pratique de la « mindfulness » à une activité sportive ou de détente, « comme le yoga ».

« C’est un moyen de se rendre disponible, pas seulement pour soi-même mais pour agir selon ses valeurs et pour les personnes autour de soi : il s’agit de faire la paix avec la réalité des choses pour pouvoir les changer », explique Erwin Glatter, qui dispense la « mindfulness » à GEM. Le but poursuivi : « être occupé au lieu d’être préoccupé », ajoute-t-il. Pendant seize ans, cet Autrichien diplômé en sciences de santé a été moine bouddhiste dans un monastère en Auvergne. Mais il se distancie de cette tradition ou de toute spiritualité, évoquant une approche « laïque, simplifiée et occidentalisée » pour réduire le stress en s’appuyant sur la méthode Mindfulness-Based Stress Reduction, de Jon Kabat-Zinn.

La « mindfulness » ne résume pas la démarche de l’école. En 2012, elle a créé une chaire Mindfulness, bien-être au travail et paix économique. Dix entreprises sont devenues partenaires : de taille intermédiaire (comme e2v, ARaymond, Guichon Valves), filiales de multinationales (comme Hewlett-Packard), ainsi que le réseau d’entreprises industrielles Udimec, représentant 600 PME et 50 000 salariés, ou encore le cabinet de conseil Alixio. Pression émanant des donneurs d’ordre, des objectifs fixés par les actionnaires, de la concurrence internationale ou de l’accélération des mutations : leurs dirigeants étaient venus témoigner, lors d’une journée ouverte à la presse, à GEM, le 24 mai.

Des entreprises plus coopératives

Pour préserver les relations humaines et mobiliser l’intelligence collective, leurs entreprises veulent devenir plus coopératives en leur sein – et entre elles –, revoir les relations avec les fournisseurs, promouvoir une concurrence sans « coups bas »… Autant de ­sujets de recherche pour la chaire, auprès de qui ces entreprises apporteront 200 000 euros par an jusqu’en 2018 à travers la Fondation de France.

 

Depuis neuf mois, Estelle Belgiovine est en contrat d’alternance chez e2v, l’un des partenaires de la chaire, spécialiste des microprocesseurs pour l’aéronautique et des capteurs d’images pour l’aérospatiale. A partir de cette expérience, cette élève de 4e année à l’école de commerce Idrac, à Saint-Martin-d’Hères, près de Grenoble, prépare son mémoire de fin d’année, « Comment la communication managériale permet le mieux-être dans un contexte de changement permanent ». « C’est étonnant ! La bienveillance, la volonté de travailler en paix, d’être tout le temps mieux en travaillant, avec un management horizontal et de proximité, m’ont frappée progressivement », indique l’étudiante. Intriguée, elle s’est rendue à l’une des séances de « mind­fulness » proposée aux salariés chaque lundi sur le site : « Cette initiative est venue d’un manager. L’ambiance est très décontractée. Un coach encadre la session et nous projette dans de grandes émotions pour que l’on apprenne à les contrôler et que l’on travaille mieux avec les autres personnes. J’ai trouvé ça génial, j’étais vraiment apaisée en sortant », témoigne-t-elle.

Adrien de Tricornot pour le monde.fr

Allez, au plaisir de vous lire ... Enjoy !

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