La force des hypersensibles ...


Quelques extraits d'un très bon article de Pascale Senk, lu dans le Figaro du 19 avril 2010



Être souvent à fleur de peau, vulnérable aux ambiances ou aux émotions, n'est pas forcément une pathologie.

Chopin, qui a su traduire dans ses Nocturnes toutes les subtilités d'une âme déchirée, était-il un malade dépressif ?

Le poète Keats serait-il aujourd'hui diagnostiqué «personnalité évitante» dans nos services psychiatriques ?

La question se pose lorsqu'on découvre aujourd'hui le monde des hypersensibles tels qu'ils se décrivent et s'encouragent - notamment sur Internet - face à une société qui les comprend mal.

Hypersensible, vous l'êtes peut-être.
Si, depuis toujours, vous ne supportez ni le bruit ni l'agitation ;
si vous êtes très susceptible, prenant de plein fouet la moindre remarque désagréable,
et si, quand vous entrez dans une pièce, vous «scannez» intérieurement les zones d'inconfort potentiel,
tout laisse à penser que vous faites partie de ces 15% à 20% de la population mondiale qu'une psychologue américaine, Elaine Aron, a décrit et commencé à étudier dès le début des années 1990.

Se définissant comme hypersensible elle-même, cette Californienne souffrait d'être trop rapidement prise pour une timide, une introvertie ou une dépressive.

Son symptôme majeur : elle avait besoin de plus de temps que ses comparses pour observer attentivement les situations et surtout bien réfléchir avant d'agir.
Du coup, elle vivait chaque événement avec beaucoup plus d'intensité que la moyenne et était facilement bouleversée, une vulnérabilité que son entourage ne comprenait pas forcément.

À travers ses recherches, Elaine Aron s'est rendu compte que sa manière de traiter l'information avait tout d'une stratégie de survie.

Contrairement à la timidité, qui est probablement d'origine culturelle, cette hypersensibilité serait selon elle une caractéristique innée.
«Les biologistes ont découvert que ce trait existe aussi chez la plupart des animaux, des poissons aux primates», explique-t-elle sur son site internet (hsperson.com).

Revers positifs de la médaille : l'extrême intuition des hypersensibles, leurs formidables capacités d'empathie, leurs talents artistiques.

Aujourd'hui, ils disposent de nombreuses ressources pour s'identifier entre eux, s'entraider et entamer de vastes «chats» contre les professionnels de la psyché qui les classent un peu trop facilement dans une pathologie.

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La nuit étoilée de Vincent Van Gogh

Besoin d'encouragements

«Oui, je suis vraiment HS (hypersensible), écrit Iasseva.
Un psy m'a parlé de cela il y a sept ans, mais je ne comprenais pas vraiment ce que ça voulait dire, parce que je le voyais seulement comme une faiblesse psychologique, une sorte de maladie handicapante qui m'a causé quelques problèmes professionnels.
On me reproche souvent mon intolérance aux choses (bruits forts, sons aigus, fumée, toucher par surprise, etc.) et on me conseille de vivre dans un univers aseptisé.

Ce à quoi je réponds: je supporte et j'accepte très bien l'air pur, la créativité et la beauté.»


Pour Elaine Aron, l'une des clés du bien-être des hypersensibles est justement de ne pas chercher à vivre comme des personnalités lambda.

«Vous avez besoin de plus de temps de récupération, calculez-le dans votre agenda; vous êtes particulièrement vulnérable à la caféine, évitez-la… Et dites à votre entourage que vous avez besoin de plus d'encouragements que la moyenne», précise-t-elle à ses congénères.

Particulièrement prisés, ses conseils aux parents d'enfants qui souffrent d'hypersensibilité:

«Veillez à toujours sanctionner avec douceur et gentillesse.»

Pascale Senk, lu dans le Figaro du 19 avril 2010



Allez, au plaisir de vous lire...

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